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Zynga : le social gaming en eau trouble

Zynga, le leader du social gaming, peine à convaincre joueurs et investisseurs, le cours de son action a été divisé par 3 depuis son introduction en bourse, passant de 10 à 3 $ en 8 mois. En janvier dernier, nous émettions des doutes (Zynga : un géant aux pieds d’argiles) sur l’avenir de ce studio  de jeu dont le business modèle est plus à rapprocher d’un site de poker en ligne que celui d’un pure player du jeu vidéo comme League of Legends.

Le site web de Zynga : une plate-forme de jeu à part

Zynga : une grenouille qui s’est vue plus grosse que le boeuf

Electronic Arts et Activision ont pali il y a quelques mois face à la très forte valorisation de Zynga, en effet en décembre Zynga était valorisé à 6,1milliards contre 6,7 milliards pour Electronic Arts. Les temps ont changé et  la chute de l’action a également handicapé l’action de Facebook, qui tire 15% de son chiffre d’affaire grâce à la firme de Mark Pincus.

Les doutes exprimés il y a quelques mois se confirment : retard sur le mobile, achat hors de prix de «Draw Something» (200 millions de $), essoufflement du jeu de gestion à la Farmville. Même la mise en place du store facebook semble insuffisante pour relancer la machine, ce store préferant mettre en avant les jeux innovants et pas uniquement des city builder simplistes. En revanche, nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui en déduisent la fin du free to play : nous sommes plus face à une remise en cause d’un modèle de monétisation «abrutissante» hérité de Farmville : «si tu ne paies pas, je te frustre… et tu ne paieras jamais assez !». C’est ce modèle néfaste qui use le joueur prêt à payer et fait peur à celui qui se contente du gratuit.

La « gueguerre » Zynga / Electronic Arts

Où sont les licences ?

Electronic Arts a donc tranquillement comblé son retard sur Facebook à l’aide de ses licences les Sims Social puis SimCity Social (10 millions de MAU). Zynga lui constate le déclin de Farmville et l’échec de ses nouvelles licences comme Adventure World, Mafia Wars 2, CastleVille.

Dans le jeu vidéo, le contenu est  roi : l’univers proposé, la richesse du gameplay… tout ceci, Zynga ne sait pas / ne peut pas le faire, enfermé dans une stratégie de «me too» consistant à copier ou racheter les succès actuels. Evidemment, la tâche de créer de nouvelles licence est énorme et complexe quand chaque nouveau produit a pour mission de réunir plusieurs dizaines de millions de joueurs. Alors le studio se tourne vers le jeu d’argent en ligne, signe de son incapacité à créer de nouvelles licences.

Avec 249 millions de joueurs, Zynga conserve une bonne avance sur ses concurrents

Une « chute » à relativiser

Malgré ses mauvaises nouvelles, Zynga possède les moyens de rattraper son retard car ses concurrents ne proposent pas non plus des jeux exceptionnels : King.com produit du casual et Wooga propose le même catalogue que Zynga, certes un peu moins tourné vers le city builder grâce au hit mobile et web qu’est Diamond Dash.

Et surtout la firme californienne possède 3000 employés, plus de 250 millions de joueurs et a racheté un nombre considérable de studios talentueux, composés de créatifs potentiellement capables de créer le futur hits de Zynga comme un Angry Birds ou un Habbo Hotel sur téléphones mobiles…