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Zynga : Evil Genius ?

Alors que l’empereur du social gaming sort avec succès CityVille , avec déjà 3 millions de joueurs selon TechCrunch (edit : 26 millions au moment où je poste ce billet), l’empire Farmville est de plus en plus critiqué pour son management et ses nombreux plagiats.  Les déclarations de son son PDG Mark Pincus: « I don’t fucking want innovation » sont en train de le rendre aussi célèbre qu’un bobby kotick  « Et Tony, vous savez que si ça ne tenait qu’à moi, j’augmenterais encore davantage les prix ». Niveau plagiat et espionnage industriel, le récent pacte négocié avec Playdom montre à quel point la lutte est sanglante entre les monstres de Facebook… et que ce monde ne sonne pas jeu vidéo traditionnel…

Mark Pincus, the CEO

Pas un studio de jeu vidéo, mais une entreprise du web
Les jeux de Zynga sont créés pour maintenir le joueur « frustré » et le pousser à inviter ses amis pour mettre fin à ce problème. Sur CityVille, pour obtenir un hôpital, il faut l’aide de 10 amis ! Ceux qui ne les possèdent pas pourront toujours  débourser 3 €, ainsi pour progresser rapidement il faut au bas mot dépenser 40 €, ouch.
Donc la priorité n’est pas d’être fun, mais d’être addictifs en utilisant un principe simple : la « compulsion loop ». Je joue, je complète des objectifs, j’ai ma récompense, puis je recommence car je vois de suite un objectif plus fort.  En soit ce n’est pas un souci, tous les jeux le font, sauf qu’avec ce type social games, qui ne requiert ni réflexion, ni connaissances, le joueur est « pris ».  Ce n’est pas juste pour faire joli que les pièces récupérées sont mises en en évidences dans CityVille et que FrontierVille a introduit des objectifs : bouge 3 fois la barrière, clic 3 fois sur le champs…et on le fait car c’est simple et gratifiant !

« Zynga, along with Amazon and Google, we’re all web-based companies »,  Andy Tian, Manager chez Zynga.

Un PDG qui a besoin de contre-feux
Mr. Pincus n’a pas bonne réputation, autoritaire et capricieux selon l’article du San Francisco Weekly, les investisseurs ont conseillé de mettre des lieutenants solides autour du CEO afin qu’il ne soit pas en contact avec ses équipes. Le bonhomme reconnaissant lui-même avoir fait des choses pas très propres afin de s’enrichir, on comprend que sa côte de popularité ne soit pas au beau fixe.

Mobwars/Mafiawars : suffit d’inverser la place des armes…

Le copié/collé
Mafia War et FarmVille sont tous deux inspirés de jeux ayant déjà fait leurs preuves :  Mob Wars et  Farm Town …mais en y rajoutant les bonnes mécaniques de viralité et une monétisation parfaite, Zynga en a fait un succès. Conscient que la propriété intellectuelle dans le jeu vidéo est presque impossible à protéger : on change le nom, le design et quelques détails et on obtient un jeu comme StarFront de Gameloft. Je vous laisse le plaisir de la bande annonce pour deviner qui est plagié. Force est donc de constaté que tout le monde se copie et les social games ne font pas exception à la règle.  Les studios de moindre taille décortiquent et copient  les mécaniques de Zynga et Playfish. Inquétant quand on sait que ces compagnies ne cherchent pas à être innovantes et se contentent de roder de vieilles mécaniques sous perfusion de dépenses marketing.
Dans ce cadre, les joueurs peuvent s’estimer heureux de voir que ces nouveaux mastodontes osent innover avec  CityVille et FrontierVille.

Oui les fers de lance du social gaming ne font pas de l’innovation leur objectif  principal et ne semblent pas s’orienter vers ce chemin. La voix est donc libre pour des jeux reposants sur d’autres gameplay : moins répétitifs/addictifs. Ces jeux sont déjà sur Internet, pourquoi  un Sim City, basé sur des vrais concepts de jeu de gestion ne tournerait pas sur facebook ?